19/07/2008

Lettre à Lui

J'aurais du m'en douter quand tu m'as dit jeudi chez Leclerc que nous irions boire un verre en ville ce samedi après-midi ; j'aurais du me douter que tu ne viendrais pas.

Naïve je t'ai cru. Naïve, oui, parce que je t'aime toujours. Tu m'as parlé de ton ras-le-bol de tout, de la charge que tu as sur les épaules, du regret et de la culpabilité que tu avais de nous avoir fait venir ici. Tu n'as pas à te culpabiliser, je suis grande, majeure et vaccinée :  j'aime cette région et j'ai voulu partir, quitter mes amis et ma famille, mes attaches pour venir vivre près de toi. Je n'ai pas écouté les mises en garde, j'ai rassuré mes enfants qui ne voulaient pas trop partir "à l'aventure", ils quittaient leur cocon et tout ce qui les rassurait.

J'ai pris beaucoup de risques, j'ai essayé de les jauger, j'en ai discuté avec mes enfants..... Ils connaissaient le désir que j'avais de venir vivre près de toi, ils étaient heureux de me voir rire et de me voir gaie et de me voir faire des projets à chaque fois que tu me téléphonais. Et ils t'aiment aussi.

Je partais pour vivre chez moi près de toi comme je te l'ai déjà écrit. Et c'était convenu entre nous. Dans l'euphorie de notre emménagement et de nos retrouvailles nous avons peut être oublié ce "contrat". J'étais heureuse quand tu me demandais le samedi si nous restions dormir le soir. Je prenais cela comme une invitation, je me disais il veut que je sois avec lui ce soir et j'étais heureuse ! Tu ne peux pas savoir ce qui se passait en moi ! Mais, j'aurais du être plus "forte" et refuser, je ne me suis pas aperçue que cela te pèserait ; d'autant plus que de mon côté, je ne pouvais pas participer à tous les frais de repas ....... le déménagement m'avait mise sur la paille et j'avais de gros soucis... Les petits plats, les petits gestes que j'ai pu faire ne valaient pas ce que toi, tu finançais...

Je conçois que tu étouffes. J'admets que tu veuilles prendre l'air. Je suis prête à m'effacer pour te permettre de respirer, de réfléchir et de nous retrouver. Mais ne nous tiens pas responsables de tout !

Comme je te l'ai dit je t'aime et je vous aime avec vos qualités et vos défauts ...

Tu m'avais dit que nous nous verrions aujourd'hui ; j'ai été déçue de ne pas te voir. Mais rassures toi je ne t'ai pas (trop) attendu.

Je te laisse à ta fille, à ton fils, à ta mère (la mienne me manque énormément) ; ma souffrance tu t'en moques.

 

22:50 Écrit par R dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Vu de l'extérieur, et naturellement indépendamment de l'aspect sentimental qui est trop personnel pour que j'ose m'en mêler, je trouve que la situation n'a pas que des aspects négatifs : retourne à l'un de tes premiers posts, tu te disais heureuse au boulot... et tu te demandais si tu avais le droit d'être heureuse sans lui...

Eh bien, le moment est venu de te dire que oui, tu as le droit d'être heureuse sans lui... et tu as même le droit d'aller plus loin que le boulot pour cela !

Qu'est-ce qui t'intéresse ? A quels loisirs as-tu envie de t'adonner ? Où peux-tu trouver cela dans cette nouvelle région ?

Allez, comme tu dis, c'est en se posant des questions qu'on avance.

Écrit par : Béa | 20/07/2008

bonjour.. surprise de te retrouver en ces lieux...
Je rejoindrai un peu l'avis de Béa en t'encourageant à vivre pour autre chose que pour lui... développer des centres d'intérêt, fréquenter un autre milieu que le sien, essayer de t'épanouir dans d'autres eaux. Oh, bien sûr, ce n'est pas facile et il faut se donner des coups de pied au d.. pour avancer. Mais ça vaut la peine d'essayer je pense.
Et puis, le fait d'afficher un certain détachement, une indépendance vis-à-vis d'une relation peut amener parfois une vraie réflexion chez l'autre...
Tout ça n'est pas simple, c'est vrai. Et je comprends ta souffrance. Mais pour l'avoir vécu si longtemps j'ai envie de te dire "de ne pas vivre en état de dépendance" (je ne parle pas de l'aspect matériel, bien entendu)...
Bisous Pascale, à tout bientôt..

Écrit par : pierre de lune | 24/07/2008

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